FREYMING - MERLEBACH Chronique "Patelins Lorrains"

29 avril 2017

FREYMING - MERLEBACH

L’actuelle ville de Freyming-Merlebach tire son origine de la fusion intervenue en 1971 de deux communes limitrophes, situées dans le Warndt.

Le Wieselstein, Un mégalithe assimilé à un menhir, entouré d'un halo de légendes, de six mètres de haut et de quatre mètres de large, atteste de la présence antique d'une population d'origine celtique. Ce rocher druidique a également servi de borne dès l'époque gallo-romaine.

De nombreux vestiges de l’époque gallo-romaine ont été trouvés comme des pièces de monnaie à l’effigie des différents empereurs, un temple, un bas-relief de Vénus.

Les deux villages, nés à l’aube du XVIIe siècle, ont participé de l’économie de subsistance propre à une région boisée, au sol pauvre et de peuplement ténu. On relève l’existence de verriers à Merlebach (Merlebourg), seigneurie de Faulquemont, vers 1590 puis à Freyming (Freimengen au moment de sa fondation par Pierre Ernest de Créhange en 1602). Le nom Freimengen comporte un préfixe Frei signifiant libre ou franc en langage local. En effet, en septembre 1602, Freimengen, situé dans la forêt de Mengen, obtient son statut de village franc (exemption de diverses taxes dont celle sur le sel) pour y attirer de futurs habitants.

Cette terre, souvent livrée au passage des belligérants, n’a pas non plus été épargnée par les fléaux de la guerre : c’est ainsi que le hameau mis à feu et à sang par les suédois en 1637, ne comptait plus que 80 habitants à la fin du « tragique XVIIe siècle ». En 1781, le comte Von der Leyen, comte de Blieskastel, cède Freyming à la France.

 

Lorsqu’interviennent, après 1815, les premières prospections minières dans la partie orientale du Bassin Houiller, les communautés de Freyming et de Merlebach tirent depuis longtemps une partie non négligeable de leur revenu de l’industrie artisanale : fabrication d’objets en bois, façonnage de tuiles, mouture des grains ; une forge, sise à Sainte-Fontaine, annexe de Freyming, ainsi qu’une quinzaine de clouteries occupent, vers 1844, une centaine de personnes.

Comme les autres communes de l'actuel département de la Moselle, Freyming et Merlebach sont annexés à l’Empire allemand de 1871 à 1918

Après deux générations de paix et de prospérité, la germanisation des esprits est telle que les Mosellans se battent naturellement pour l’Empire allemand en 1914. Beaucoup tombèrent au champ d'honneur sous l’uniforme allemand, sur le Front de l’Est, mais aussi à l’Ouest, en particulier en France et dans les Flandres. Loyaux sujets du Kaiser, très peu de Mosellans trahirent le Reich pour rejoindre les troupes françaises. La victoire française en 1918 fut toutefois bien accueillie par la majorité des habitants de Freyming-Merlebach, heureux de retrouver la paix.

La construction des cités ouvrières, suite à l’arrivée massive de main-d’œuvre étrangère, de même que l’importance prise dans l’occupation foncière par les installations minières de surface, façonneront entre 1902 et 1940 la nouvelle physionomie urbaine et industrielle de Freyming et de Merlebach.

Près de 15 000 personnes y vivent en 1936, date à laquelle un guide touristique invite le visiteur de passage à admirer, de jour, le merveilleux Stade Olympique, un des plus beaux de la Moselle, et la nuit, cette mer de lumière (qui fait penser) à l'expression : Paris, cité lumière....Caisse mutuelle, hôtels, cinémas, écoles, hôpital et hospices font désormais partie de l’équipement des deux cités dont le tissu urbain ne tient plus compte des limites communales.

 La Seconde Guerre Mondiale vient brutalement interrompre le processus de croissance et marque de son empreinte douloureuse la vie locale : évacuation des populations en septembre 1939, occupation allemande, inondation du champ d’exploitation minier, destructions multiples...

À nouveau annexées par l'Allemagne en 1940 les deux communes furent regroupées sous le nom de « Merlenbach-Freymengen » et durent subir la loi du IIIe Reich. Libérées en décembre 1944, les deux communes de Freyming et Merlebach retrouvèrent leur autonomie administrative.

Le retour à la paix marque la consécration de Merlebach en tant que véritable centre de décision par l’installation de la Direction Générale des Houillères du Bassin de Lorraine, entreprise nationalisée créée le 28 juin 1946.

On assiste alors à un essor sans précédent de l’activité charbonnière. Toutefois, ce dynamisme, aux retombées somme toute favorables à la cité, portera assez rapidement en lui les germes du paradoxe.

Alors que le siège lorrain des Charbonnages de France produit, en 1959, 15 millions de tonnes de charbon, soit 23.3% de la production nationale, et que d’importants efforts sont consentis dans le sens d’une productivité accrue, voilà que se précise le spectre de la récession, au niveau de la Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier (CECA), crise de l’emploi, sous-développement du secteur tertiaire, baisse démographique... Les effets négatifs engendrés par une mono-industrie trop poussée se révèleront dès lors à une agglomération jusqu’ici assurée du lendemain et trop recroquevillée sur elle-même.

La fusion entre les deux communes minières, officialisée par décret, le 11 février 1971, vient à point nommé.

Décidée dans le but d’un regroupement efficace de toutes les activités et la préparation de l’avenir elle permet la constitution d’un contrepoids économique, social et culturel face au dynamisme marquant des deux villes voisines que sont Forbach et Saint-Avold.

SOURCE : Wikipédia et site de la ville de Freyming Merlebach